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13/12/2009

La légende de Pyrène

Il existe plusieurs légendes concernant les Pyrénées. Nous vous en livrons deux, à vous de choisir celle qui vous plait !pyrene.jpg

1ère version :

Rien n'est plus agréable que le début de l'été. L'air y est frais et les orages encore lointains, les forêts profondes et secrètes, les torrents vifs. Pyrène, une jolie jeune fille blonde, était assise sur le seuil de sa maison et filait paisiblement sa quenouille. Elle rêvait comme toutes les autres jeunes filles de son âge. Son rêve avait en cet instant la forme d'un jeune homme aux traits doux, à l'air hardi.
"Où es-tu donc ?" murmurait-elle.
Mais il n'y avait que les animaux de la basse-cour et ses parents pour l'entendre.
"Il ne faut pas parler toute seule, cela attire les esprits" dit son père d'un air bougon.
Pyrène aurait voulu sourire. C'était justement ce quelle désirait. Mais elle n'en eut pas le temps. Elle poussa un cri de surprise. Il y avait devant elle un jeune homme aux traits doux et hardis à la fois, au regard vif et aux abondants cheveux bruns.
"Qui es-tu ?" murmura enfin la jeune fille.
"Je suis Hercule" dit l'homme.
"Hercule..."
Mais elle ne put en dire plus. Son père était debout sur le seuil de la porte.
"Je ne fais que passer,  j'ai très soif. Je suis allé capturer les boeufs à Cornes d'or et je retourne chez moi." dit Hercule.
Pyrène lui versa à boire et écouta le jeune homme parler. Il revenait tout simplement de l'extrémité du monde connu. Il marchait depuis longtemps vers l'est où était son pays. Pyrène regardait Hercule avec des yeux brillants. Le jeune homme comprit ce langage et revint à la nuit tombante près de la maison. Là, les jeunes gens se parlèrent plus longuement encore et à voix basse.
"J'aimerais tant que tu restes ici. Que tu deviennes berger. Nous aurions le plus beau troupeau du pays." dit Pyrène.
"Oui, le soir, tu entendras mon appel quand je regrouperai le troupeau. Tu sauras alors que je ne tarderai plus.". répondit sincèrement Hercule. Elle se voyait filant la laine sous le vieil ormeau ou auprès de la fontaine. Il se voyait berger veillant sur ses moutons et les protégeant des ours et des loups.

Tout l'été ils se rencontrèrent ainsi au plus secret de la forêt. Parfois, quand il faisait trop chaud, ils allaient se baigner dans le torrent. Nul ne connaissait leur amour, tant ils se satisfaisaient de leurs longues et tendres rencontres. Hercule n'allait plus sur les chemins et Pyrène revenait chaque soir avec des paniers remplis de fraises, de mûres ou de myrtilles. Mais le temps de ces amours allait prendre fin. Les orages de plus en plus violents annonçaient l'automne.
"J'irai trouver tes parents, et l'on se mariera." dit Hercule. Cela ne semblait pas faire le moindre doute.

L'automne arriva et aussi le dernier jour passé dans la forêt. Hercule attendait Pyrène assis sur un rocher et respirant les mille odeurs d'herbe et de feuilles. Pyrène n'allait pas tarder. Ils sortiraient ensuite de la forêt pour rejoindre le village. Hercule était heureux. Lui qui n'avait été qu'un vagabond, allait désormais se poser. Et ce pays - il en avait vu tant - lui plaisait réellement beaucoup. Soudain, Hercule entendit dans le ciel l'appel des oies sauvages. Il reconnut aussitôt leurs cris profonds. Il sut qu'elles retournaient vers son pays. En lui tout se bouleversa. C'est un présage, se dit-il. Il faut que je parte. Il se leva et partit aussitôt vers l'est, pris brusquement par la migration. Il courut d'abord, puis marcha très vite, s'éloignant rapidement de la forêt et de Pyrène.

Comme à son habitude, Pyrène, le coeur léger, alla près des rochers pour retrouver Hercule. Elle était aujourd'hui encore plus heureuse. Elle allait lui annoncer qu'elle attendait un enfant. Arrivée, elle appela Hercule mais nul ne lui répondit. Les oiseaux eux-mêmes faisaient silence autour d'elle. Alors elle comprit tout : Hercule était parti. La plus terrible tristesse s'abattit sur la jeune fille. Elle n'hésita pas. Elle courut vers l'est sans plus attendre, à perdre haleine, traversant les fourrés de ronces, grimpant aux flancs arides des collines, pataugeant dans les étangs, ne s'arrêtant que pour boire et pour pleurer. Quand elle comprit qu'elle ne rattraperait jamais Hercule, elle se coucha sur l'herbe et poussa un immense cri de tristesse. Alors les loups affamés arrivèrent de toutes parts. Pyrène lutta quelque temps, espérant encore que Hercule vienne la sauver. Mais il n'y avait plus d'espoir. Alors elle lâcha son bâton, poussant un cri encore plus fort que les autres. Les loups se jetèrent sur elle.

Hercule au loin entendit ce cri. Il n'hésita pas. Il revint, courant encore plus vite sachant que Pyrène était en danger. Mais lorsqu'il arriva, il n'y avait plus sur le sol que quelques os blanchis. Fou de douleur il s'attaqua aux rochers, les remua et les jeta sur les loups qui s'enfuyaient. Ensuite il déposa les restes de la jeune fille sur une literie de fleurs et de feuilles. Puis il empila de gros blocs de pierre en guise de tombeau. Tant que dura sa tristesse il amassa ainsi les rochers créant une haute montagne. Avant de partir, il mit le feu. Tout brûla : forêts, bois, prairies. Des marins grecs passant au large nommèrent la montagne de feu en leur langage.

Michel Cosem

 

2ème version :

La légende de Pyrène Après la création de la terre, à l'aube des temps, vivait dans une contrée de hautes montagnes et de profondes vallées une peuplade appelée Bekrydes. Leur souverain, Bebryx, avait établi sa cour dans la plus vaste grotte connue des hommes : Lombrives. Sa fille, belle, jeune et douce, prénommée Pyrène, était courtisée par tous les rois et seigneurs des environs. Mais en vain !

Géryon regnait sur l' Erythie, contrée d'Espagne, voisine de l'océan. Sa seule société constituait en un troupeau de boeufs rouges, féroces, gardés par un molosse à deux tetes et un dragon à sept gueules. Il s'agissait évidement pour Hercule de s'emparer des boeufs et de les joindre aux trophées qu'il avait déjà ramenés à Mycénes. Armé de son énorme massue et l'épaule recouverte de la peau du Lion de Némée, il suivit les côtes de l'Afrique et parvint au détroit qui les sépare de l'Europe. Avant de passer sur l'autre continent, deux monolithes, un sur chaque rive, sont élevés par ses soins, comme souvenir. De son nom, ils s'appelleront les Colonnes d'Hercule.

Ce jeune et bel homme arriva au pays des Bebrydes. Il fit la connaissance de Pyrène, et fréquemment ils se retrouvèrent. Par une chaude nuit d'été dans la pénombre étoilée, au milieu de senteurs de mille fleurs, leur deux corps d'adolescents vécurent frénétiquement le même instant. Quelques temps après, Hercule se décida a s'absenter pour le rapt du bétail du roi Géryon. Pyrène restait bien seule tandis que sa taille portait la trace de ces fols amours ... Aussi eut-elle peur de se montrer face à tous, face à son père le roi Bebryx, d'affronter la colère du souverain offensé. C'est pourquoi elle décida de fuir loin du royaume des Bebrydes.

Au cours de son chemin, un ours, un terrible ours brun s'approcha d'elle, la griffa, la terrassa, déchira son visage et son corps. Pyrène, de douleur hurla. Hercule qui entendit l'écho d'une voix agonisante, laissa tomber ses outils et ses travaux et, d'un bond, par dessus cimes et torrents, accourut pour recueillir dans ses bras, sa bien aimée, morte. Au coeur de l'endroit le plus grandiose de l'immense grotte de Lombrives, dans une salle ornée de roches dorées, eut lieu une grande cérémonie en présence de tous les hauts dignitaires du royaume des Bekrydes. Hercule lentement prononça ces quelques mots d'adieu : Afin que ton nom, ma chère Pyrène, soit conservé à jamais par les hommes qui peupleront cette terre, ces montagnes dans lesquelles tu dors pour l'éternité, s'appelleront dorénavant : Les Pyrénées.

 

 

 

10:46 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pyrénées, légende

 
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